Agenceecofin : Présidence égyptienne de l'UA, une opportunité de rapprochement entre les deux rives du Sahara

Marwa Mourad Vendredi 12 Juillet 2019-23:33:45 Par-Ci Par-Là
Agenceecofin : Présidence égyptienne de l'UA, une opportunité de rapprochement entre les deux rives du Sahara
Agenceecofin : Présidence égyptienne de l'UA, une opportunité de rapprochement entre les deux rives du Sahara

L’arrivée du Président Abdel Fattah Al-Sissi à la tête de l’UA (…) est en faveur d’un « patriotisme économique africain » semble rassurer ceux qui gardaient encore une image d’une Egypte essentiellement tournée vers le Moyen-Orient. Certes, (…) cette présidence égyptienne intervient à un moment où on a pu noter une nette avancée de l’agenda des réformes bien que certains grands défis, notamment sécuritaires, restent à relever.

Les dossiers ne manquent pas sur la table du nouveau président de l’Union africaine comme la question libyenne mais aussi la lutte contre le terrorisme. Malgré les divergences sur l’avenir de Libye, l’Egypte souscrit pleinement aux accords de Skhirat et à un règlement sous les auspices des Nations Unies.

Rien que sur ces deux grands dossiers, la présidence égyptienne revêt plusieurs enjeux dont la nécessaire synergie entre les deux rives du Sahara qui partagent des défis imposés par l’Histoire et la géographie. Même si une certaine géopolitique simpliste a toujours tenté d’en faire deux aires distinctes, ces deux entités doivent faire face ensemble à la question du terrorisme qui, par nature, reste une menace transnationale.

L’Union Africaine qui tarde aujourd’hui à avoir une politique continentale autour d’une stratégie concertée malgré les efforts dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et sécurité (APSA), devrait pouvoir profiter de cette présidence pour fixer le cadre d’une coopération plus efficace. Avec la présidence d’Al-Sissi, cette possibilité de synergie est encore plus grande dans le cadre d’une régionalisation des stratégies de prévention et de lutte contre le terrorisme mais aussi d’une meilleure harmonisation des efforts pour le moment dispersés entre les différents regroupements sous-régionaux.

En effet, la présidence égyptienne offre une rare opportunité d’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre l’Afrique du Nord et les pays subsahariens en plus de l’important travail du Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (CAERT) basé à Alger. Les pays nord-africains ont été, très tôt, confrontés à ce fléau et ont développé tout un ensemble d’outils et d’expériences dont pourraient profiter les Etats-membres d’Afrique subsaharienne. De même, les Etats de la région à qui la gestion concertée de la menace avait déjà imposé la mise en place d’instruments et de cadres de concertations, comme le G5 Sahel, sont désormais aptes à insuffler un nouvel esprit de coordination à la lutte contre le terrorisme au niveau continental. A cet effet, il y aura, forcément, une confrontation des vues pour qu’à côté des approches purement sécuritaires dans le cadre des actions de contre-terrorisme se développent des stratégies de prévention et de résilience.

(…) Lors du dernier sommet de l’Union Africaine, en présentant son rapport d’étape sur le processus de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) pour le deuxième semestre 2018 et les perspectives, le président nigérien a, comme à l’accoutumée, mis en exergue le lien intrinsèque entre sécurité et développement. Ce qui entre parfaitement dans la logique de la présidence égyptienne qui compte s’appuyer sur trois piliers : le développement des infrastructures, l’accélération de l’entrée en vigueur de la ZLEC et la création d’emplois pour la jeunesse du continent.

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